Le Theatrum Mundi

un music-hall contemporain

 

introduction

 

Il y a cent ans, on allait au music-hall comme nous allons aujourd’hui au café, en boîte de nuit, au théâtre ou au cinéma ; on allait au music-hall comme nous allumons la télé ou la radio, pour suivre une émission ou un film ; on allait au music-hall comme nous guettons sur nos téléphones portables les dépêches des grands quotidiens, les messages des réseaux sociaux, ou les meilleures vidéos en ligne. 

Le music-hall était le lieu de la distraction, mais il permettait aussi de relayer l’actualité et invitait à y réfléchir, sinon en débattre, car elle était portée par des caricaturistes, humoristes chanteurs, poètes penseurs, philosophes et agitateurs de tout ordre. On y éveillait les consciences et le sens critique, et on y jouait cartes sur table quand bien même toutes les couches sociales s’y croisaient.

Les revues de music-hall, spectacles pluridisciplinaires par essence, présentaient des artistes aussi nombreux que leurs spécialités variaient. Chaque artiste présentait son numéro — un numéro pour lequel il avait été engagé —, ainsi pouvait-on voir défiler au cours d’une même soirée des chanteurs, acteurs, danseurs, musiciens, des magiciens, acrobates, dompteurs, humoristes, etc. et autant d’univers, de langages et de points de vue.

De toutes les scènes, le music-hall est le siège absolu de l’artifice et il le revendique. Son arsenal de jeu lui est propre : une showgirl n’est showgirl que sur une scène (par opposition aux personnages d’une pièce de théâtre qui sont toujours des représentations de femmes et d’hommes de la vie dite réelle) — c’est l’artifice personnifié. 

La force du music-hall résidait aussi dans le prolongement de la représentation. Si le music-hall était un lieu de spectacle, il était aussi le lieu de l’après-spectacle, propice à la rencontre et au brassage des couches sociales.

Spécificités du music-hall

 

Chaque music-hall avait ses spécificités, sa décoration, son ambiance, ses circulations (étudiées pour favoriser les rencontres), ses artistes, ses invités prestiges, son champagne, etc. On choisissait ainsi d’aller dans tel ou tel music-hall, un peu comme on choisirait aujourd’hui de regarder tel film ou telle émission, d’aller dans tel bar ou tel restaurant.

Le public, au music-hall, n’est jamais dans la pénombre. Il est pris, de surcroît, dans une interaction directe avec le spectacle car il n’y a pas de quatrième mur. Chaque spectateur est partie constituante de l’événement. Assis sur sa chaise, à table, il se retrouve en vis-à-vis avec ses voisins de table et ceux, alentours, assis à d’autres tables, et dont les regards peuvent aller tous azimuts.

Le spectateur interagit avec le public dont il fait partie. Il contribue à la mise en œuvre de l’illusion ; il l’accepte, il la valide, il la provoque. Il est défié, alpagué pour mieux être cueilli par la surprise, la sensualité, la cocasserie.

Par tous les moyens, le spectateur du music-hall est invité à entrer dans le spectacle, invité à rejoindre activement ce monde irrationnel et pourtant bien réel.

 

On se délectait de la sensualité des corps dénudés, mais les rondeurs et les difformités, l’âge et les disgrâces de la chair rivalisaient sans complexe avec les canons de beauté. 

La plume... atour par excellence de la showgirl et emblème incontestable du music-hall, fut en tout temps la marque du pouvoir et de la richesse par l’attrait que représente ce matériau délicat et d’une grande vulnérabilité. Son travail nécessite savoir-faire (devenu rare), rigueur et patience. Le music-hall s’amuse de ce que symbolise la plume. Il détourne ce signe de richesse et fait dire à la showgirl, tandis qu’elle parade en scène : « Tu as le pouvoir ? A poil ! ».

Il n’y a pas meilleur endroit qu’une scène de music- hall pour parler de tout, du meilleur et du pire — fut-il question de la mort. 

Par ses excès et sa surenchère d’effets, le music-hall raille ainsi l’homme moderne qui refoule lui-même la mort par les excès qui lui sont propres de pouvoir, de passion, de richesse, de mégalomanie. Dans une éblouissante dichotomie, le music-hall, avec tout ce qu’il peut avoir de chic et chatoyant, se fait alors l’écrin sublime de la mort ; devant la vacuité de l’existence et la fatalité de notre insignifiance, il reste de marbre et fait fi de nos états d’âme. Car il ne fait que célébrer la vie. 

Quelle Légitimité Aujourd'hui ?

Dans un système social — conçu par Homo sapiens et sa pensée — où le rationnel est plus puissant que n’importe quelle religion ou dictature, l’attractivité de l’irréel est incontestable. Lorsqu’on lui fait face, l’irréel devient irrévocable ; il résonne en nous comme une corde de guitare vibrant par sympathie. Au music-hall, on refoule la mort, on l’ignore — croit-on au premier abord. En réalité, le music-hall feint de l’ignorer, comme ses créatures feignent d’exister, défiant le monde de les reconnaître, moyennant quelque snobisme, fardé, truqué.

Au regard des possibles, la légitimité du théâtre de music-hall est aujourd’hui largement sous-estimée. Notre époque n’a encore que trop peu considéré l’importance et la nécessité de ce théâtre de l’interaction, la nécessité d’une scène vers laquelle le spectateur semble n’avoir qu’un pas à faire pour en fouler les planches lui-même.

Notre société connectée ne nous exempte pas du besoin de lien social, constructif, évolutif et coopératif. La technologie isole et aliène chaque jour davantage tout possesseur de smartphone, tablette ou objet connecté, quand il ne s’agit pas simplement de l’addiction à un programme télévisuel (série, journal, ou toute émission culturelle, politique ou de divertissement). Or, Homo sapiens est un organisme vivant et son interaction avec l’organique lui est vitale.

 

A ces constats s’ajoute le besoin grandissant de renouveler les publics dans les maisons de théâtre et d’opéra. Le music-hall, catalyseur et agitateur, et par la pluridisciplinarité qui lui est propre, forme un canal artistique congruent à cette campagne.

Le music-hall a le pouvoir de répondre aujourd’hui aux fléaux du zapping et du défaut d’attention grandissant de notre époque. Non qu’il faille se soumettre à ces constats, mais s’y adapter pour retrouver, accompagner, et emmener l’écoute.

 
 
 

Le Theatrum Mundi, 

un music-hall contemporain

Le Theatrum Mundi est une troupe dans la troupe, à géométrie variable, dédiée à la compilation de programmes de cabaret.

Le Theatrum Mundi serait, en temps voulu, un lieu. 

Avec ses affabulations chatoyantes, ses créatures extravagantes et sophistiquées, le Theatrum Mundi renoue avec cette place centrale du music-hall dans la vie sociale ; c’est comme si toute notre société contemporaine y était représentée, caricaturée jusqu’à l’absurde.

 

Le Theatrum Mundi présente des sketchs, des tableaux musicaux, des numéros burlesques ou inclassables, des échanges impromptus avec le public sans cesse interpelé pour mieux être cueilli par la surprise ; autant de forme que de fond pour railler le faux-semblant de notre monde. C’est au music-hall que l’égo se gausse de lui-même, nulle part ailleurs. 

troupe et ramifications

Un monsieur loyal, une meneuse, une bande de « girls » sensuelles et burlesques (quel étrange statut que celui de girl parmi les girls), des créatures exubérantes ou invisibles, transgressives et glamour, sont autant de figures qui s’opposent et coopèrent.

Le spectateur se familiarise avec les membres de cette tribu comme on se familiarise avec une nouvelle bande d’amis ou une belle famille dont on ne connaît pas encore les rites et codes. Ou encore comme les personnages d'une série dont on suit les péripéties d'épisode en épisode. 

Le noyau du Theatrum Mundi, correspondant à la distribution de COMMEDIA, est constitué à ce jour de 22 membres comédien.nes, musicien.nes, technicien.nes et administrateurs.trices professionnel.les. 

En conditions optimales, cette équipe se verra augmentée et proposera notamment l’insertion d’amateur.es. 

La gent féminine de ce noyau est majoritaire. 

La moyenne d’âge, en 2021, est de 41 ans pour un ambitus de 28 à 57 ans, dont 3 comédiennes cinquantenaires. 

 
 

Le Labo

Toutes les tangentes vers l’irrationnel, à travers toute pratique artistique et créative, et, de manière plus typique et troublante encore, le chant, le costume, le maquillage, le jeu d’acteur, la scénographie, la lumière... sont autant de moyens de nous affranchir et de nous extraire de celui ou celle que nous sommes au grand jour. C’est là tout ce que revendique l’extravagance du music-hall.

Au music-hall, on n’est pas soi ; on est une magnification de soi. Sinon un autre. On s’y augmente, on y devient irréel. 

Le music-hall est le temple du grimage ; la transformation y est engagée plus que dans tout autre art de la scène. S’y transformer pour faire de soi une tout autre personne (« personne » vient du latin persona qui signifie masque) est une condition sine qua non. La showgirl (au même titre qu’un clown ou un monsieur loyal) ne peut exister qu’au théâtre (et, plus spécifiquement encore, sur une scène de music-hall).

 

Avec son propre arsenal de costumes, maquillage, perruques et tout attribut dédié à la transformation (plumes, accessoires, chaussures, bijoux, lunettes, chapeaux...), le Labo de la Boulangerie cherche et fait l'expérience de cette étrange introspection. 

 

Projection d'une semaine type au theatrum mundi

Bar & RESTAURATION

du LUNDI au VENDREDI :
• le café est ouvert en continu, de 8h à minuit *
• le restaurant sert midi et soir, de 12h à 14h, puis de 20h à 23h

VENDREDI et SAMEDI :
• formule dîner-spectacle avec la revue Commedia

DIMANCHE :
• brunch servi de 10h à 14h 

 

Les goguettes

MARDI, MERCREDI, JEUDI, 20h :
Toutes les disciplines de la scène sont mises à profit pour former des revues d’éducation populaire par des artistes, scientifiques, mamans, jardiniers, infirmières ou tout spécialiste (ou non), sans limite :

talk-shows : débats, cours du soir, conférences, master class, jeux...
musique : populaire, jazz, classique, baroque, musiques du monde et musiques traditionnelles...
théâtre : impro, classique, contemporain, vaudeville, humour...
geste : burlesque, danse, mime, cirque, marionnette, objet...
Au cours d’une même soirée, ces arts de la scène se croisent et s’entremêlent pour aborder, de façon ludique et décomplexée, astrophysique, physique quantique, mathématiques, biologie, géologie, anthropologie, sciences cognitives, philosophie, littérature, histoire, géographie, politique et social, médecine, arts plastiques, arts culinaires et nutrition... (liste non exhaustive). 

LA GRANDE REVUE DU THEATRUM MUNDI

VENDREDI, SAMEDI, 20h :
• Revue de music-hall, 
COMMEDIA

LES afters

VENDREDI, SAMEDI, 23h :

• Soirées avec DJ**, les vendredis et samedis soir, après la Grande Revue.

LES EVENEMENTS SPECIAUX

DIMANCHE, 16h

(et soirée en semaine exceptionnellement) :

• Galas, concours de singularité, conférences gesticulées, ateliers, défilés, session de yoga, méditation, cours de danse (tango, rock, claquettes...)

LES showcases

LUNDI, 15h :
• Promotion régulière (tous les lundis) de la création locale auprès de professionnels de la Région, dans des formes choisies par les artistes et compagnies invités. Ces « showcases » sont ouverts au public.

LES Happy-hours

du LUNDI au VENDREDI, 17h :

• Formes simples : jeux, récitals, lectures...

LES BALS DU THEATRUM MUNDI

annoncés selon jours spéciaux du calendrier :
• Soirées costumées à thème : tango, rock, charleston, disco, funk, etc.- guinguettes : bals populaires en extérieur, les soirées d’été.

 

* A toute heure de la journée, les clients du café et du restaurant peuvent surprendre des répétitions, des réglages techniques, des essayages de costumes, etc., le café se situant dans la salle de théâtre.

** A l’exception des AFTERS, pilotées par un DJ, la musique est toujours « live », exécutée par l’orchestre du Theatrum Mundi ou les ensembles musicaux invités.