top of page

commedia
&
Les cabarets du Theatrum Mundi

music-hall altermondialiste,
underground, philosophique et queer

2020 - 2021 - 2022 - 2023

argument

argument (s'il en est),

de la revue de music-hall commedia

Au Theatrum Mundi se joue la revue de music-hall Commedia, titre originel de la Divine Comédie de Dante — entendue ici comme le catalogue des névroses de l’homme moderne (mais pas de panique, il n’en sera pas fait grand cas).
Les Allégories (personnages fantasmagoriques de ce music-hall symboliste et plumé) ont la charge de mener la danse. Leur extravagance glamour et punk n’épargne rien ni personne. Ainsi, un spectateur plongé dans son téléphone est appréhendé. Contre son gré, l’homme est alors invité à monter en scène.

Propulsé au centre des regards, puis mené et dévoyé par l’Allégorie de l’égo, il s’empare des lieux et s’arroge tout pouvoir. S'ensuit un dédale d’ellipses et de numéros musicaux à travers lesquels il prend possession du monde et colonise finalement l’Univers tout entier.

Lorsqu’il proclame son immortalité, le show bascule vers un improbable vaudeville où se côtoient Frankenstein, Faust, la Mort déchue et tout une cohorte de figures non moins épiques.

Si la métaphore du Theatrum Mundi voit le monde comme un théâtre, Commedia voit la vie comme un spectacle de music-hall dont le final, tout en allégresse et sarcasmes, n’est que fête et célébration du vivant.

FAQ

Nan mais, en deux mots, il se passe quoi ?

Un spectateur est invité à monter sur scène. On lui demande de reconnaître le rôle du personnage qu’il joue, ce qu’il rejette catégoriquement. Mais lorsqu’on comprend que son rôle de spectateur l’oblige au déni, sa complicité est trahie. Le spectacle suit alors son cours, comme si de rien n’était, jusqu’au moment où l’homme s’empare de l’intrigue du spectacle...

ah ça mais de qui se moque-t-on ??

Au music-hall, l’égo se gausse de lui-même.

Au cœur de l’Univers, Homo sapiens dispose d’une aptitude singulière : il peint la nature qui l’entoure sur les parois d’une grotte, il raconte ce qu’il pense, il met en musique ses émotions, il singe ses semblables sur une scène de théâtre, il simule le monde — et se simule lui-même — sur un écran... Bref, porté par sa conscience, Homo sapiens se plaît à représenter le monde.

Le Theatrum Mundi, miroir du monde, livre le reflet de cette conscience humaine, démantelée par le pouvoir désaliénant du music-hall.

Et dans le fond, qu'est-ce que ça raconte alors ?

Les créatures extravagantes de ce cabaret symboliste et plumé nous content une société humaine caricaturée jusqu’à l’absurde, par la philosophie, les sciences dures et sociales, un peu de cuisine et de latin, dans les clichés les plus glamour, désuets, punks et underground du music-hall. Autant de forme que de fond pour chatouiller notre sens critique et railler les faux-semblants de notre monde.

Sérieux ? mais qui dit ça ?

Les « Allégories » sont les créatures du Theatrum Mundi. Elles représentent chacune un concept issu de la pensée humaine et lui donnent corps, non pour en fixer une interprétation mais pour souligner le poids de la désignation et du signifiant dans un monde où le rationnel norme la pensée.

Bon mais alors "les cabarets du theatrum Mundi", c'est quoi ?

Déclinaisons de la revue Commedia, ces cabarets sont des formes légères, à la carte, en résonance avec l’actualité. Les cabarets du Theatrum Mundi s’emparent de la métaphore du Theatrum Mundi pour dénoncer les faux-semblants du monde humain. Chaque représentation s’érige en barrage face aux fléaux de l’individualisme à travers talk-shows, vaudevilles, tableaux musicaux, chroniques, numéros burlesques ou inclassables...

Oh la la, mais c'est quoi ce theatrum Mundi, à la fin ?

Dès l’Antiquité, avec la métaphore du Theatrum Mundi, Platon nous enseigne que le monde est un théâtre, chaque être humain y jouant un personnage.

Aujourd’hui, les neurosciences mettent en lumière les mécanismes à l’œuvre, dans nos cerveaux, responsables de ces effets de représentation du monde autant que de nous-même.

Au-delà des neurosciences, les sociologues, philosophes et autres penseurs nous enseignent encore que la narration régit nos existences. Bien plus que prégnante, celle-ci est déterminante : elle façonne nos personnalités, jalonne nos vies, cadre nos sociétés, engendre la fiction et finit par sous-tendre le réel. Et tandis que nous nous acharnons à ancrer nos individualités dans du béton, en nous pensant maître de celle ou celui que nous sommes, notre libre arbitre est faible, voire inexistant. Le dindon de la farce n’est pas loin.

Cette métaphore du Theatrum Mundi donne à voir, enfin, à quel point la créativité, l’art et le théâtre en particulier sont indispensables : ils mettent en évidence le rationnel à travers lequel nous vivons (quand la nature n’a rien de rationnel), et font la lumière sur la représentation du monde qui
 se joue dans nos cerveaux. Au théâtre, cette figuration tient à une supercherie que nous pratiquons et validons tous : le spectateur sait que l’acteur fait semblant, et l’acteur sait que le spectateur sait. Et le spectateur sait encore que l’acteur sait que le spectateur valide l’illusion que prodigue l’acteur... comme nous faisons chaque jour de nos vies d’Homo sapiens feignant des existences individuelles et extraordinaires... et refoulant la mort.

presse

lyon capitale | 25 novembre 2022 | par Caïn Marchenoir

Retour des Cabarets du Theatrum Mundi à la Comédie Odéon 

 

"Le monde est un théâtre dans lequel chaque être humain joue un personnage". C’est à partir de cette idée de Platon que la troupe de Camille Germser, portée par un quatuor de créatures extravagantes, reprend possession de la Comédie-Odéon dans une version remaniée pour notre plus grand plaisir. L’occasion de publier à nouveau notre critique du spectacle que nous avions vu la saison dernière. 

 

On connaît la dilection immodérée que cultive le metteur en scène Camille Germser envers les paillettes, boas et trucs à plumes. 

En 2015, il avait enchanté le théâtre de la Croix-Rousse avec une version endiablée des Précieuses ridicules, transposée dans l’univers du music-hall. Et c’est dans un univers similaire qu’on le retrouva trois ans plus tard avec sa mise en scène de Federigo, la courte nouvelle de Prosper Mérimée, cette fois plumes et paillettes étaient cuisinées à la sauce napolitaine. 

 

Pour cette nouvelle création, Les Cabarets du Theatrum Mundi, il nous convie à une sorte de music-hall de l’absurde. 

 

Écrit de façon épatante, jonglant avec les mots de façon vertigineuse, un peu à la manière de Raymond Devos, le spectacle met en scène une troupe enchaînant des numéros, ou des sketches ?, qui se penchent sur des petits problèmes quotidiens aussi bien que sur de grandes questions métaphysiques (l’amour, la vie, la mort). Un monsieur Loyal lunaire, en queue de pie et bermuda, quitte de temps à autre son piano pour tenter de mettre de l’ordre dans la représentation. En vain, bien évidemment. 

Porte-jarretelles, maquillages outrés, chevelure en bataille et jupes brillant de mille strass, les girls ne s’en laissent pas conter ! Elles invitent même un vrai-faux spectateur à s’exprimer. Ou à chanter, puisque tout commence, se poursuit et se termine en chansons. Il y a la plantureuse Marianne Pommier, l’espiègle Ana Benito ainsi que Vanessa Bonazzi, Anne Fromm et Julie Morel. Elles sont irrésistibles ! 

Courez à cette jubilatoire et revigorante célébration dominicale ! 

générique

générique

conception, musique et mise en scène : Camille Germser
scénographie : Caroline Oriot
costumes : Camille Germser, Agathe Trotignon

maquillage : Myrtille Charignon
lumières : Marie-Lou Nuccio, Claude Couffin
régie générale : Guillaume Ponroy
chargé de production : Arnaud Bayard

chargée de communication : Ludivine Stock
administration : Caroline Chavrier

avec
Ana Benito

David Bescond

Claudine Charreyre

Anne Fromm

Eloïse Guérin

Ricardo Lopes

Julie Morel

Marianne Pommier

Colin Rey

Arthur Verdet

et

Grégory D'Addario, batterie

Baptiste Germser, basse

Joanna Ohlmann, Marion Sicouly (en alternance), harpe

Claire Mével, accordéon

Sylvain Thomas, trombonne

Arthur Verdet, piano

Yi-Ping Yang, percussions

+ d'info sur l'équipe

ici

Crédits photos : Cyrille Sauvé - Julien Lachal - Bruno Thivend - Alexandre Castillon

photo
bottom of page